Il 1 marzo 2007 si è svolto, nel Palazzo di Giustizia di Kousseri, il processo che l’Aiutante-Capo Maggiore Dipnada Ewané Etienne ha intentato contro il militante per i diritti umani Eric Siewe.
Dopo il rinvio del 1 febbraio precedente, il processo è stato ancora una volta aggiornato al prossimo 15 marzo.
Ciò che desta scandalo è che Eric Siewe è ancora detenuto, dopo 35 giorni di detenzione, e che lo resterà ancora almeno fino alla definizione della causa il prossimo 15 marzo.
Egli è accusato di diffamazione ( vedi la notizia del suo arresto del 2 febbraio 2007) e le scarne informazioni che si sono potute ricevere da l’Observatoire des droits de l’homme ci dicono che è comparso in Tribunale da solo, senza l’assistenza di un difensore e che ha tuttavia ribadito con forza le ragioni del suo operato.
Riportiamo il comunicato:
Observatoire des droits de l’homme
- Courage d’oser - Energie d’agir - Diplomatie de se taire
Pour l’information , la dénonciation et la recherche scientifique
Autorisation n° 088/RRDJ/J06/BASC Siège Social : Yaoundé- Cameroun
Résolution de l’ONU n° E/CN.4/RES/2000/61 du 26/4/2000 Tél. +237.916.17.07 Email : hsf@livenet.ch
AFFAIRE ERIC SIEWE
Chef d’Antenne de Kousseri , arbitrairement incarcéré depuis le 24 janvier 2007
Comme nous l’annoncions il y a un mois, le Palais de Justice de Kousseri a une fois de plus servi de cadre le 1er mars dernier, au déroulement du procès insensé et saugrenu que l’Adjudant-Chef Major Dipanda Ewané Etienne, a intenté contre notre collaborateur Eric SIEWE.
Après 35 jours à l’ombre ponctués d’une garde-à-vue de 48h ,d’une détention provisoire de 33jours à la Prison de Kousseri et d’un premier renvoi le 1er février dernier, notre collaborateur qui est retourné à la Maison d’Arrêt, devra encore attendre le 15 mars prochain pour savoir l’issue des délibérations de cette danse de troubadours, qui n’a fait qu’étaler d’autres limites de notre Justice et de ses acteurs qui se servent impunément de la douleur et de l’ignorance des masses pour leurs marches-pied.
Le Procès
Dans l’impossibilité de bénéficier des Services de Maître Dieudonné TANTCHI, Jurisconsulte ( déjà malade et qui a rendu l’âme le Vendredi dernier à Garoua) dans le cadre de cette affaire, Eric SIEWE est parvenu seul, avec une rare aisance et une perspicace conviction, d’étaler les limites de l’accusation.
a) Il a démontré sous le regard déboussolé du Ministère public et du plaignant qu’il existe en langue française et dans le lexique juridique, une grande différence entre la recherche de l’information qui a sous-tendu sa correspondance adressée à Monsieur Dipanda et la diffamation qui à tord, en a découlé. « M. Dipanda a eu l’information de moi et exclusivement à travers la correspondance que je lui avais adressée sous pli fermé » martèle énergiquement Eric SIEWE, sans que le plaignant, ce grand chef de gendarmerie et de surcroît Chevalier du Mérite Camerounais, ne puisse apporter la preuve contraire. Le bateau chavire et l’équipage panique !
b) Si le ridicule tuait ou pouvait saouler, nous sommes sûrs que le Ministère public aurait tiré de mauvais souvenirs de cette audience. Ceci est d’autant plus vrai qu’au sortir du Palais de Justice de Kousseri, personne n’a le souvenir d’un Eric SIEWE ayant battu de l’aile à la barre. Il a plutôt su esquiver avec manière et élégance, les poulies exterminatrices de cette machine répressive qui n’a pour carburant que du sang humain et pour huile de moteur de l’argent sale.
L’affaire ERIC SIEWE est mise en délibéré et rendez-vous le 15 mars prochain pour l’issue. Toutefois, rien n’est joué. Nous restons vigilants, tant nous disposons des preuves jour pour jour de ce que, ces scout boys qui meublent l’administration civile et militaire de Kousseri, sont déterminés à nous nuire coûte que vaille. En tout cas, "We are on our marks !"
Fait le 05 mars 2007
Pour l’Observatoire des droits de l’Homme,
Le Coordinateur Général & fondateur,
Emmanuel MOMO